L’Auvergne

Aujourd’hui noyée dans l’immense région administrative Auvergne-Rhône-Alpes, la notion d’Auvergne mérite d’être définie.

Historiquement, l’Auvergne est avant tout la terre des Arvernes, peuple celtique qui peuplait le centre de la Gaule, occupant un territoire correspondant aux départements actuels du Cantal, du Puy-de-dôme, auxquels il faut ajouter l’est de l’Allier et le tiers nord-ouest de la Haute-Loire. Au fil des siècles, après avoir fait partie de l’Aquitania puis du Royaume Wisigoth, l’Auvergne est devenu un comté puis un duché, d’abord indépendant et opposé au Royaume de France.

L’Auvergne est historiquement de langue et de culture occitane, et possède une riche tradition culturelle : de nombreux troubadours ont enrichi notre culture régionale, tandis que l’art roman auvergnat a produit des édifices remarquables. Région historiquement pauvre et rurale, peuplée de paysans et de montagnards solides, elle fut aussi le théâtre des guerres de religion, plusieurs noyaux protestants s’y étant développés, et ayant été matés, comme partout ailleurs. La présence de Juifs est également à noter et, encore aujourd’hui, demeurent des traces de leurs anciennes communautés (comme à côté de Clermont-Ferrand, avec Montjuzet).

A côté de cette Auvergne historique, essentiellement cantaloue et puydomoise, ou plutôt au nord, se trouve le territoire historique du Bourbonnais, nom encore utilisé aujourd’hui pour désigner le département de l’Allier. Davantage tourné vers la langue d’oil, cette province au relief très plat, passée elle aussi sous la coupe de la famille royale, allait devenir le fief de la maison de Bourbon, branche des capétiens dont seront issus tous les rois de France après Henri IV qui, avec son petit-fils Louis XIV joueront un rôle central dans la construction de la France comme nation moderne et structurée.

Au sud-ouest, le territoire historique des Vellaves, peuple gaulois lié aux Arvernes, formera le Velay, et plus tard le département de la Haute-Loire, toujours un peu à part, puisqu’aujourd’hui encore une grande partie de son activité et de sa population, notamment pour la partie nord-est, sont davantage tournées vers le bassin de Saint-Etienne que vers l’Auvergne.

Quoique très rurale, l’Auvergne a vu naître, avec l’avènement du capitalisme, des bastions ouvriers solides, miniers (on songera à ces vendeurs de charbon originaires du massif central qui émigrèrent à Paris, sous le nom de « Bougnats », où on leur fit la triste réputation d’avares, pourtant à l’opposé des valeurs populaires de leur terre d’origine) ou industriels (Michelin est évidemment l’exemple le plus connu). Avec ce prolétariat naîtra une gauche auvergnate solide, socialiste ou communiste, dont il reste encore aujourd’hui des traces, bien que réduites à peau de chagrin.

Aujourd’hui, notre région est plus que jamais immobile, figée. Coincée en étau par une gauche gestionnaire urbaine et bobo d’un côté, et une droite réactionnaire, celle des notables, des propriétaires terriens et des chasseurs. Comme l’ensemble du pays, elle est frappée par la contradiction entre la ville et la campagne que seule la Gauche historique peut résoudre et dépasser.

Le combat politique de la Gauche est aussi culturel, et cela apparaît clairement dans une région comme la nôtre. Tout est prétexte au fantasme pseudo-médiéval, à la mise en avant du « terroir », idéologie réactionnaire par excellence (l’exploitation animale qui en découle étant d’une barbarie sans nom). On a le choix entre la fuite en avant cosmopolite, urbaine, libérale, relativiste et la fuite en arrière particulariste, rurale-réactionnaire, corporatiste et paternaliste.

C’est avec tout cela qu’il faut rompre, pour bâtir l’Auvergne de demain – et, à travers elle, la France et le Monde – en portant haut la culture, la science et la raison, et brandissant fièrement le drapeau de la Gauche historique, socialiste et ouvrière, et en assumant la défense de la Nature, de la Biosphère.

« Non puesc dire l’error
Del fals segle trachor
Que fai de blasme lauzor
E de sen folía.
»

(Je ne puis dire assez l’erreur
de ce monde faux et traître
qui fait d’une ignominie un honneur
et du bon sens une folie.
)

Pèire Cardenal, troubadour auvergnat du XIIIe siècle.

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